ÜGLY
Verticale épurée, base béton avec cailloux blancs, tige métallique forgée serpentine, bloc de bois travaillé en sommet, œuvre de Robert Bibeau

Le dernier de sa race

En taillant ce bloc de bois trouvé, l'artiste a dégagé une tête de hache que l'arbre vivant avait engloutie : la lame était entrée, les fibres s'étaient refermées sur elle année après année. Cette trouvaille a décidé du reste. La forme évoque un taureau, dressé à plus d'un mètre cinquante sur une tige de métal forgé qui serpente depuis un socle de béton ; deux moignons asymétriques tiennent lieu de cornes, l'une arrachée, l'autre brisée. La tige garde du jeu : une poussée de la main fait osciller la bête, qui balance puis revient à l'aplomb. Les entailles restent à vif. Une bête qui a encaissé et qui tient encore.

Le dernier de sa race : gros plan sur la masse de bois trouvé, un bloc de métal sombre coincé dans une fente, sous une pièce de bois clair montant en diagonale, fond blanc.
Le dernier de sa race : la sculpture entière de face, masse de bois trouvé posée sur une tige de métal forgé sinueuse, plantée dans un socle de béton garni de cailloux blancs.
Le dernier de sa race : la sculpture en pied, la large face plate du bois traversée d'un fer sombre sous une pointe claire, la tige forgée droite jusqu'au socle de béton.
Le dernier de sa race : partie haute isolée sur fond clair, le bloc de bois et sa pointe dressée au-dessus de la courbe en S de la tige de métal.
Vue studio, fond blanc.
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Pistes de lecture

Personne n'a planté cette hache : le bois l'avait avalée, et la taille l'a rendue visible. Le bovin blessé rejoint les bêtes endurantes de l'art, du taureau de Picasso aux figures votives. Une question reste ouverte : ce dernier survivant tient-il debout par force, ou parce qu'on l'a dressé là.